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Un an avant ma naissance, mon père sera promu assistant inspecteur de l'Hôtel-des-Postes de Montréal et se verra attribuer le territoire de la Gaspésie. Je suis l'aîné de deux soeurs, Béatrice Éva et Gertrude Freda. Élevé en langue française, mon surnom était " le chouchou de ma mère ".
À l'âge de 5 ans, je vais à l'école de l'Académie de l'archevêché, gérée par les FEC (Frères des Écoles Chrétiennes). J'aurai des résultats modestes et une assiduité plutôt déficiente, ce qui allait, à la longue, devenir une habitude chez moi. À l'été de 1884, nous louons une maison de campagne à Cacouna, le chic-ultra estival de l'époque : toute la bourgeoisie s'y donnait rendez-vous. Le St-Lauwrence Hall, hôtel majestueux, comptait pas moins de 600 chambres! J'ai découvert une autre mère. Elle était radieuse, étincelante de beauté et de bonheur. Elle retrouvait ses racines, elle qui était née tout près à Rimouski et qui s'ennuyait beaucoup à Montréal. Elle flottait sur le trottoir de bois de la rue principale! Ce furent des vacances merveilleuses et jusqu'à l'âge de 18 ans, Cacouna fut le paradis de mes étés d'enfance et d'adolescence.
Au printemps 1886, comme mon père David gagne un bon salaire, il décide d'aller habiter en " banlieue ", au 112, rue Laval, sur la butte Saint-Louis. Ma chambre donnait justement sur le carré Saint-Louis, un parc immense. Je ne cessais de regarder par la fenêtre et de rêver, rêver un impossible rêve et de partir vers l'inconnu.
En 1888, j'aurai beaucoup de tristesse et de peine lors du décès de mon grand-père Patrick Nelligan. Excellent conteur, il m'avait appris à rêver et faire fonctionner mon imaginaire avec ses histoires.
À l'âge de 13 ans, le 27 décembre 1892, pour une grande fête en l'honneur du directeur du Mont Saint-Louis où j'étudie, le frère Stephens, je serai pressenti pour réciter un poème pour les notables réunis à cette occasion. Selon mes professeurs, mon grand intérêt pour la poésie me donnait un certain talent pour déclamer des vers. Ce fut un véritable coup de foudre. Habité par le feu sacré, j'avais déclamé mon poème avec une telle intensité que j'avais compris ce qu'était un miracle. Le public était suspendu à mes lèvres et retenait son souffle. Je venais de saisir la puissance des mots. Ce jour-là, je savais que je serais moi aussi un poète, un créateur de mots et de rimes.
Profitez d'un de mes rares moments de lucidité pour apprendre comment je suis devenu " le prince des poètes québécois "!
J'ai créé une oeuvre fulgurante en trois ans seulement! (entre juin1896 et août 1899).
Je vous réciterai mon fameux " Vaisseau D'or " et vous parlerai de mon internement à l'âge de 19 ans, lequel durera plus de 42 ans!
Je suis né le 24 décembre 1879 à Montréal, plus précisément au 602, rue Lagauchetière. À la fois d'origine irlandaise de par mon père David Nelligan (1848-1924, arrivé au Canada à l'âge de 8 ans avec son père Patrick Nelligan et sa mère Catherine Flynn) et d'origine canadienne-française de par ma mère, Émilie Amanda Hudon (1856-1913, dont le père Joseph Magloire Hudon sera avocat et maire de Rimouski).
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